Grand Prix de Monaco
1948

 

 

Lorsqu'en 1946 sont établies les bases du Moto-Club de Monaco, avec l'autorisation de l'ACM dont il était jusqu'alors une section, l'intention de ses membres fondateurs n'était pas de se réunir au fond d'un bar pour y discuter des derniers potins, mais de mettre sur pied des manifestations sportives d'envergure.

Le temps de déposer les statuts et d'établir l'affiliation auprès de la FIM, le Moto Club de Monaco va mettre en oeuvre un Grand-Prix motocycliste, en collaboration avec l'ACM.

Dans tous les cas, il était difficile de faire mieux, car ce Grand-Prix se déroule le 17 mai 1948, au lendemain du Grand-Prix automobile de Monaco. Celui-ci étant le premier de la "reprise" à la suite du conflit mondial de triste mémoire.

Aléas du calendrier, le même jour se déroulait le Grand-Prix de Suisse motocycliste (les compétitions sur piste ne seront interdites en Suisse qu'après 1955), si bien que les usines Norton, Benelli, Gilera, Guzzi ou Triumph, qui avaient été contactées, ne pourront pas engager de représentants officiels. Ce qui n'empêchera pas la participation de concurrents prestigieux tels que Wood, Anderson, Brini, Monneret, Behra, Jeanneret, Lorenzetti ou Pagani. Ce dernier étant également engagé dans le Grand-Prix automobile sur Maserat 4CL.

Une seule épreuve était prévue ce jour là, en 500cm3 sur 60 tours du circuit de Monaco, soit une distance totale de 190km. Le vainqueur, Brini, sur Gilera "Saturno", couvrira la distance à une moyenne de 86km/h.

 

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Départ du Grand-Prix
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Braccini Jean
(Terrot 500)
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Braccini Robert
(Norton 350)
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Collot Jacques
(Norton 500)
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Gambi
(Norton 500)
         
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Collot Jacques
(Norton 500)
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"Jojo" Houel
(Velocette 350)
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Pagani Nello
(Gilera 500)
         
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Gambi
(Norton 500)
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Gambi
(Norton 500)
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Gambi
(Norton 500)
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Braccini Robert
(Norton 500)
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Lorenzetti Enrico
(Guzzi 500)
         
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Lefèvre Gustave
(Norton 500)
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Lefèvre Gustave
(Norton 500)
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Lefèvre Gustave
(Norton 500)
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Lesur
(Triumph 500)
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Marcel Masuy
(BMW 500)
         
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Monneret Georges
(AJS 500)
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Onda
(Magnat-Debon 500)
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Onda
(Magnat-Debon 500)
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Pagani Nello
(Gilera 500)
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Brini Aldo
(Gilera 500)
         
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Brini Aldo
(Gilera 500)
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Brini à l'arrivée
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Brini salué par ses adversaires
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Brini. Remise des Prix
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Brini. Remise des Prix
         
Palmarès des principaux concurrents engagés :
Nom Prénom Nation Marque Dates CDM Victoires en GP Autre
Wood Tommy GB Norton   2ème en 1951 (250)   Vainqueur GP Espagne 1950 et 1951 (350)
Beischer Charles GB Norton       Vainqueur GP Barcelone 1948 en 350 et 500 (Norton), du GP de Madrid 1948 en 500
Anderson Fergus GB Guzzi 1909-1956 1er en 1953 (350 Guzzi), 1er en 1954 (350 Guzzi), 3ème en 1950 (250), 2ème en 1952 (250) 12 Vainqueur Albi et Cannes 1945 (350) Cannes et Lille 1945 (500) Albi et Cannes 1946 (350), Cannes et Lille 1946 (500), Avignon 1947 en 250, 350 et 500 …. 
Perrin Marcel France Velocette       Vainqueur des Coupes de Paris et du GP de Nice 1945 (250 OK-Supreme), du GP de Grenoble 1947 (Velocette), du Circuit du Dauphiné et de Reims 1949 (500 Triumph)
Collot Jacques France Norton       10 victoires en 1951 (500 Gilera et 350 Velocette) 6 en 1952 (350 et 500 Norton),  7 victoires en 1953, 19 victoires en 1954, 3 en 1955, 3 en 1956, 8 en 1957, 6 en 1958. Champion de France 500 1952, 1953, 1954, 1955
Monneret Georges France AJS       Champion de France 1949 350 AJS), 1959 (500 Norton), 1963 (350 AJS), 499 victoires, Paris-Calais en Scooter en 1952
Behra Jean France Guzzi 1921-1959     Champion de France (500 Guzzi) en 1949, 1950 et 1951, Vainqueur du GP de Reims F1 sur Gordini en 1952, puis pilote Maserati, BRM, Ferrari  en F1
Lefevre Gustave France Norton       Vainqueur du Bol d'Or en 1947, 1949, 1950, 1951, 1953, 1956, 1957
Houel Georges, dit "Jojo" France Velocette 1913-2006     Ex-Rugbyman, "Globe-Trotter" (il a donné ses lettres de noblesse à la Gillet "Tour du Monde"), vainqueur du circuit de Tarare 1948 (Velocette 350 et Norton 500), gu GP de Bordeaux, en 1950 à Monthléry (350 Velocette) et au circuit du Dauphiné (Gilera 500), en 1951 à Boulogne et Carcassonne (500 Gilera) en 1952 à Pau (500 Norton) et Monthléry (250 Guzzi)... Vainqueur au Rallye Charbonnières auto en 1954, il y participait encore en 1999, à 88ans...
L'Heritier André France Norton       Vainqueur Monthléry 1947 (350 Velocette), Champion de France 1947
Onda Jacques France Magnat-Debon       Vainqueur GP de Nice 1945 (500 Magnat-Debon), GP d'Avignon 1952 (175 Magnat-Nougier), Monthléry 1953 (175 FB-Mondial), Orléans, Provins, Cannes, Bourges, Avignon 1954 (175 Magnat-Nougier), Bordeaux, Cannes 1955 (175 Magnat-Nougier, 125 FB-Mondial) Bourg en Bresse, Bourges (175 FB-Mondial)
Braccini Jean France Terrot       Vainqueur à Hyères en 1935 (Terrot 175)
Braccini Robert France Norton       Champion de France 1936 en 250 (Terrot), Vainqueur circuit de Cannes 1947 (350 Norton)
Juhan Franta Tchécoslovaquie Guzzi       Vainqueur GP de Nice 1949 (350 Velocette), plusieurs participations aux ISDT et au Tourist Trophy, participation au GP d'Italie sur Gilera-4 en 1948
Jeanneret Henri Suisse Norton       Inventeur du Side-Car Oscillant, Recordman du monde vitesse, vainqueur GP de Nice 1946 plusieurs participations Liège-Monaco-Liège et Trophées Inter de Monaco
Masuy Marcel Belgique BMW -1955     Masuy est un pilote de side-car qui court pour le Championnat du Monde (11ème en 1950, 9ème en 1951, 6ème en 1952 et 7ème en 1953). Son passager en 1950-51 est Denis Jenkinson, champion du monde en 1949.
Le 16 mai 1948, il est à Genève pour le GP de Suisse, la compétition étant un moyen de subsistance, il descend vers Monaco, dételle son side et prend part à la course. Il y finit 10ème à 10 tours du vainqueur et remonte sur Bruxelles le soir même !
Il paraît qu’il ne devait pas dormir beaucoup et qu’il souffrait d’insomnie.
Il décède en course au GP de l’Adriatique à Senegalia (Italie) le 31 juillet 1955
(Renseignements Yves Campion)
Brini Aldo Italie Gilera       Vaiqueur Monza et Gènes 1946 (Gilera) Vainqueur GP Monaco 1948
Pagani Cirillo, dit "Nello" Italie Gilera 1911-2003 1er en 1949 (125 Mondial), 2ème en 1949 (500 Gilera) 4 Vainqueur circuit de Pau 1947, 1948, 1949 Automobile sur Maserati, vainqueur à Pau et Aix sur 500 Gilera en 1950, du GP de Madrid en 125 et 500 en 1950…
Lorenzetti Enrico Italie Guzzi 1911-1989 1er en 1952 (250 Guzzi), 2ème en 1953 (350 Guzzi), 3ème en 1956 (250 Guzzi) 7 Vainqueur en 500 à Strasbourg 1947, à Pau en 1950 (Guzzi),,,
1er titre de champion d'Italie en 1934, dernier en 1951.
Devient ensuite directeur technique de MV-Agusta.
Leoni Guido Italie Guzzi       Vainqueur GP Espagne 1951 (125), du circuit de Cannes et Lyon 1946 (250 Guzzi)

 

Classement de l'épreuve :
Classement Pilote Moto Temps Tours
1er 40  Brini Aldo  Gilera Saturno 2h12'57" 60
2ème 44  Gambi  Norton 2h14'10" 60
3ème 18  Monneret Georges  AJS 2h14'56" 60
4ème 32  Braccini Robert  Norton 2h14'07" 59
5ème 22  Lefevre Gustave  Norton 2h14'04" 57
6ème 12  Perrin Marcel  Velocette 2h15'12" 57
7ème 2  Wood Tommy  Norton 2h14'04" 56
8ème 14  Collot Jacques  Norton 2h15'04" 56
9ème 16  Lesur  Triumph 2h14'20" 54
10ème 38  Masuy  BMW 2h15'23" 50
11ème 36  Dini  Magnat-Debon 2h16'15" 46
12ème 28  Onda Jacques  Magnat-Debon 1h31'07" 38
13ème 8  Thomas  AJS 1h35'57" 35
14ème 30  Braccini Jean  Terrot 1h16'45" 31
15ème 26  L'Héritier André  Norton 47'11" 20
16ème 46  Pagani "Nello"  Gilera 39'16" 18
17ème 10  Linnecar  Norton 42'19" 18
18ème 25  Houel Georges  Velocette 40'22" 13
19ème 6  Anderson Fergus  Guzzi 23'30" 11

Chacun sait que cette édition du Grand-Prix motocycliste de Monaco restera sans suite. Personne n'ignore, ou presque, qu'il connut un évènement dramatique, avec la disparition du pilote britannique Linnecar. La plupart du temps, lorsqu'ils évoquent l'histoire de ce Grand-Prix, les journalistes s'en tiennent à ce seul fait pour en expliquer la non reconduction. Ce qui est un raccourci pour le moins hâtif. Explications :

Le déroulement du drame :
Linnecar, pilote peu connu, n'avait pas initialement été invité par le Moto-Club de Monaco en tant que participant, en raison essentiellement du peu de renseignements que l'on avait à son sujet et d'un palmarès peu fourni. Pourtant, celui-ci fit le déplacement depuis l'Angleterre. Non seulement il se rendit à Monaco par la route sur sa moto de compétition, mais encore il avait effectué ce long voyage avec son épouse comme passagère. Arrivé tard le soir, la veille des essais, il se rendit au "quartier général" du moto-Club pour se faire engager. Devant le refus des responsables, il alla voir son ami Wood qui menaça les organisateurs de ne as prendre le départ si Linnecar ne pouvait participer. Les dirigeants finirent par céder.
Lors des essais, probablement en raison de la fatigue accumulée, Linnecar se qualifia parmi les derniers. Pourtant, le jour de la course, Linnecar fit une remontée fulgurante dans le classement. Il roulait vite. Trop vite, probablement ...

Les raisons de la non reconduction :
Il n'en est pas moins vrai que cet accident et le décès de Linnecar, en restera un terrible de drame. Il est certain, également, que le circuit était particulièrement dangereux. Bien plus pour les motos que pour les voitures. Mais lorsque l'on connaît les autres circuits qui accueillaient des compétitions de moto, l'on peut se dire qu'aucun, alors, ne pouvait se targuer de présenter une quelconque forme de sécurité. Tous, ou presque, étant alors bordés de trottoirs, arbres, candélabres et autres obstacles de tous genres, protégés par de rares bottes de paille.
On se rappellera que, en ces temps là, aussi terrible que cela puisse paraître, les accidents tragiques ne mettaient généralement pas un terme à une épreuve. De nos jours, même, se déroulent encore des épreuves "sur route" qui ne présentent toujours pas une sécurité absolue.
L'un des faits qui conduiront à l'abandon de ce Grand-Prix est du domaine économique : L'épreuve avait en effet enregistré peu d'entrées payantes. Pourtant, le jour de la course, les tribunes étaient bien garnies. Aussi les organisateurs, après enquête, s'aperçurent que des billets avaient été distribués, gratuitement ou non, de manière "officieuse". Ce qui les découragea quelque peu de renouveler cette expérience.
Par ailleurs, il faut savoir que le Grand-Prix automobile n'eut pas lieu en 1949,et qu'il était difficilement envisageable de mettre en oeuvre le Grand-Prix motocycliste de manière autonome. En 1950, lorsque le Grand-Prix automobile fut à nouveau organisé, il le fut dans le cadre du tout nouveau Championnat du Monde. Or, je ne me rappelle pas que de telles épreuves aient vu se dérouler simultanément ou en parallèle, une épreuve destinée aux motos.

Devant ces multiples difficultés, et en tenant compte des dangers, indéniables, que représentaient le circuit pour les motos, le comité directeur du Moto-Club de Monaco préfèrent s'orienter vers un nouveau type d'épreuve : Le "Trophée International de Monaco", pendant du Rallye Automobile de Monte-Carlo, dont la première édition vit le jour, précisément, en 1950.

 

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